26 Mars 2015

Le ministre, critiqué de toutes parts, devrait écouter davantage

Québec, le 26 mars 2015 – Au lendemain de la fin des consultations entourant le projet de loi 20, la députée de Taillon et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, dresse un triste bilan pour les patients du Québec. 

« Sur les 46 groupes que nous avons entendus, 36 nous ont dit que le ministre fait fausse route. En effet, en imposant, de façon improvisée, des quotas de patients et en resserrant les critères quant aux traitements de procréation assistée pour les femmes, le projet de loi 20 risque de réduire encore davantage l’accès aux soins », a déclaré Diane Lamarre. 

Par ailleurs, le ministre, en traitant les patients comme des numéros, déshumanise la pratique de la médecine. « En proposant des mesures dictant aux médecins comment faire leur travail, au lieu de regarder d’abord les besoins des patients, il commet une grave erreur. Pour atteindre ses objectifs, le ministre aurait avantage à concentrer ses énergies du côté de l’informatisation du réseau et de l’interdisciplinarité. Il devrait aussi avoir le souci d’offrir aux patients les services les plus appropriés, les plus proches d’eux et au meilleur coût, de manière à diminuer les recours inutiles et coûteux aux urgences des hôpitaux », a poursuivi la porte-parole. 

Orientations obscures

Aux yeux de nombreux groupes, le projet de loi 20 est une coquille vide, puisque tout se concrétisera par voie réglementaire. Or, de l’aveu même des professionnels directement touchés, les orientations réglementaires du ministre ne sont pas claires et portent à confusion. Un dossier illustre parfaitement cette situation : celui des quotas imposés aux médecins quant au nombre d’avortements qu’ils sont autorisés à réaliser. 

Procréation assistée : un recul déplorable causé par l’obsession d’un ministre à tout contrôler

On a également constaté, lors des consultations, que le ministre Barrette ne s’était pas corrigé de sa manie de vouloir tout gérer, même lorsqu’il s’éloigne de son champ de compétence. Prenons l’exemple de la procréation assistée : il souhaite rendre illégal le recours à la fécondation in vitro (FIV) pour les femmes de plus de 42 ans, imposer une période minimale de relations sexuelles avant d’autoriser les traitements, et contrôler l’accès à la FIV en instaurant un crédit d’impôt exclusif aux couples sans enfant. Or, ces aspects ne doivent pas se retrouver dans un texte de loi, soutiennent les groupes et les experts entendus; c’est au Collège des médecins que revient le mandat d’élaborer des lignes directrices à ce sujet, et à l’équipe soignante de déterminer, selon les cas, quels traitements sont optimaux. 

Gaétan Barrette, ce grand incompris

« À toutes nos questions et à celles posées par les groupes qui sont venus en commission parlementaire, le ministre a refusé de répondre. Il se dit incompris! Personne, sauf lui, ne serait en mesure de comprendre ou d’interpréter adéquatement son projet de loi. Je lui rappelle qu’il aura besoin de tous les travailleurs du système de santé pour arriver à ses fins; il aurait donc avantage à les écouter, à les mobiliser, au lieu de les confronter avec des mesures coercitives. Plusieurs intervenants ont demandé au ministre de déposer un plan global de sa réforme, afin d’obtenir, enfin, le portrait qu’il est seul à connaître à l’heure actuelle; nous appuyons cette idée et réclamons du ministre qu’il présente de façon transparente l’ensemble de sa stratégie », a conclu Diane Lamarre.