27 Mars 2015

La crise au CHUM, un symptôme de la personnalité abrasive du ministre de la Santé

Québec, le 27 mars 2015 – Le député de Verchères et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éthique et d’intégrité, Stéphane Bergeron, ainsi que la députée de Taillon et porte-parole en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, ont interpellé, ce matin, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, au sujet de la crise qu’il a causée au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) en s’ingérant dans le processus de nomination du chef du département de chirurgie. 

« Le retour en poste du directeur général du CHUM, Jacques Turgeon, ne règle pas la crise, car le ministre Gaétan Barrette ne regrette rien; il a dit lui-même que si c’était à refaire, il le referait. La crise au CHUM n’est que la pointe de l’iceberg de son ingérence dans le réseau de la santé. Selon les dires mêmes des démissionnaires, le ministre a fait des interventions intempestives et partiales, il s’est ingéré dans la gestion du centre hospitalier et il a usé de menaces et de chantage. Il a fallu l’intervention directe du premier ministre pour régler la situation et dépêtrer le ministre de cette crise qu’il avait lui-même créée en s’entêtant à faire nommer une personne pour des raisons qui demeurent toujours aussi nébuleuses. Finalement, c’est le ministre et non le CHUM qui a été mis en tutelle; M. Turgeon a négocié et obtenu une ligne directe vers le bureau du premier ministre si jamais le ministre Barrette tentait de nouveau de s’immiscer dans la gestion de son établissement », a déclaré Stéphane Bergeron. 

Le député a par ailleurs rappelé que le Commissaire à l’éthique et à la déontologie, ayant jugé recevable la demande du Parti Québécois, enquête actuellement sur ce dossier. 

Le projet de loi 10 : précurseur des dérives

« Le projet de loi 10, truffé d’erreurs, a été adopté sous bâillon, malgré tous les avis défavorables et, surtout, sans l’appui du réseau de la santé, qui devra mettre en œuvre cette réforme de structures. L’objectif central et unique de ce projet de loi était de placer le ministre au centre du système de santé et de lui donner une quantité jamais vue de pouvoirs. Les craintes que nous avions exprimées, tout comme plusieurs intervenants du réseau, se sont avérées avec le cas du CHUM. Il n’y a rien qui nous assure que le ministre ne recommencera pas, d’autant plus qu’il a dit expressément qu’il ne regrettait rien et qu’il referait la même chose. La confiance de la population envers le ministre est maintenant ébranlée. S’il reste un doute que le ministre peut, en tout temps, court-circuiter les processus prévus à différents paliers pour imposer ses choix, on prépare d’autres crises comme celle du CHUM. Le ministre doit donner des garanties que les dirigeants sont nommés pour leurs compétences et non pour leurs amitiés; c’est ça, la bonne gouvernance », a conclu Diane Lamarre.