18 Juin 2015

Frais accessoires : Le Parti Québécois dénonce la «normalisation» de la surfacturation

Québec, le 18 juin 2015 – La députée de Taillon et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, dénonce vivement la décision du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, de « normaliser » la facturation de frais accessoires aux patients du Québec. Ainsi, il officialise des brèches improvisées et non réfléchies dans le régime public de santé. Cela démontre, une fois de plus, que le ministre ne fait pas les bons choix. 

« Non seulement le ministre tente de banaliser le virage vers la privatisation dans lequel il entraîne notre système de santé public, mais, en plus, il minimise ouvertement le frein à l’accès aux soins qu’il s’apprête à imposer en « normalisant » la surfacturation, pourtant reconnue par tous comme étant contraire à nos lois. Si les médecins jugent que les sommes qu’ils reçoivent du gouvernement sont insuffisantes pour financer les appareils et les équipements dont ils ont besoin pour offrir des services de qualité et de pointe dans les cliniques privées, c’est à eux de les renégocier avec le gouvernement; les patients n’ont pas à payer pour ça. Autoriser la facturation de frais accessoires, voilà un autre cadeau du ministre aux médecins spécialistes, au détriment de tous les patients du Québec et d’un accès accru aux soins de santé », a déclaré Diane Lamarre. 

« Qu’en est-il de la promesse du premier ministre, faite en décembre dernier, de ne pas augmenter le fardeau fiscal des Québécois et de ne pas hausser les taxes et les tarifs au-delà de l’inflation? L’Alliance des patients pour la santé évalue à 50 M$ par année le montant que représentent les frais accessoires. De plus, le nombre de plaintes déposées au Collège des médecins et de demandes de remboursement adressées à la Régie de l’assurance maladie du Québec sont en augmentation constante. Oui, on demandait une action du ministre dans le dossier, mais certainement pas pour qu’il refile la facture aux patients », a ajouté la députée. 

« Le comité tripartite qui fixera le montant « raisonnable » pour la facturation des frais accessoires sera constitué de représentants du ministère et des fédérations médicales, et d’un seul expert indépendant. Il y a là, encore, une preuve que le mode de rémunération des médecins pose un problème; il est grand temps que la formule soit revue pour favoriser un meilleur accès aux soins de santé dans le système public », a poursuivi la porte-parole. 

Enfin, Diane Lamarre a réclamé du ministre qu’il dépose son plan global en santé et qu’il cesse d’improviser. « Il serait souhaitable qu’il arrête de prendre ses décisions au bénéfice de ses collègues médecins et qu’il place le patient au cœur du système de santé une fois pour toutes », a-t-elle conclu.